Les otages de la Commune de Paris
L’église actuelle succède à plusieurs chapelles provisoires, construites par la compagnie de Jésus, en mémoire des otages exécutés le 26 mai 1871, lors de la Commune de Paris ; parmi les victimes plusieurs prêtres et religieuses dont trois jésuites.

Si tous les otages emmenés rue Haxo ont été massacrés avec une même sauvagerie, l’Eglise qualifie seuls de martyrs ceux qui ont été tués par haine de la foi. Dans ce cas il s’agit des dix hommes d’Eglise, dont le traitement antérieur et la mort ont manifesté explicitement cette haine de la part de leurs bourreaux. Les martyrs témoignent par leur mort, à cause de la foi, de la puissance du Roi des martyrs, Jésus, qui par sa Passion acquiert le pardon pour tous les hommes et communique la puissance de sa Résurrection. C’est pourquoi les Congrégations des Pères Picpuciens et des Religieux de Saint Vincent de Paul, travaillent actuellement à promouvoir la cause de béatification des martyrs de Belleville.

Edification de l’église Notre Dame des Otages
En 1932, le Père jésuite Henri Diffiné (1890-1978), arrive à la chapelle du Sacré Coeur pour dix-neuf années d’apostolat; il entreprendra l’édification de l’église actuelle. En 1933 il ouvre une souscription pour sa construction conçue et réalisée par l’architecte Julien Barbier (1869-1940). Les travaux commencent en 1936, et avec eux les difficultés matérielles : le sol instable impose la construction de 33 puits de béton reliés par des arches. L’inauguration aura lieu le 23 octobre 1938, sous la présidence du Cardinal Jean Verdier, archevêque de Paris de 1929 à 1940. En octobre 1961 la chapelle est érigée en paroisse sous le nom de Notre-Dame des Otages, le Père jésuite Maurice Husson (1914-1993), en sera le premier curé et y demeurera jusqu’en 1974.

 

 

Un projet pastoral ambitieux
Pour faire place au projet de « l’habitat communautaire » initié à partir de 1951 par le Père jésuite Etienne Thouvenin de Villeret (1917-1983) la chapelle et les bâtiments de la communauté sont détruits. À leur place s’élève, Haxo I, immeuble de 158 logements (1958) au 47 – 49 rue du Borrégo, mais aussi un jardin d’enfants (1958) réaffecté en 2001, et la Maison des Jeunes et de la Culture avec son foyer de jeunes travailleurs (1961).

Après le départ des jésuites, des prêtres du diocèse de Paris assurent la charge paroissiale : Claude Gaudin (nommé en 1974), Bertrand Derville (1986), Paul Cazaban (1991), Christophe Martin (1998), Didier Doreau (2004), Jérôme Bascoul (2013) et Stéphane Mayor (2019).

Dès 1968 N.D. des Otages formera l’Ensemble Pastoral du Haut-Ménilmontant avec Notre Dame de Lourdes, 130 rue Pelleport et le Cœur Eucharistique de Jésus, 22 rue du Lieutenant Chauré. Depuis 1987 l’Ensemble s’inscrit dans un doyenné avec Notre Dame de la Croix rue de Ménilmontant. Les trois paroisses du Haut-Ménilmontant sont autonomes mais collaborent sur certains aspects de la vie pastorale.

En 2009, le ravalement intérieur, le réaménagement du chœur, et l’installation d’un nouvel autel, permettent de célébrer la consécration le 24 mai, présidée par Mgr. Eric de Moulins–Beaufort, évêque auxiliaire de Paris.