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Edito du 15 octobre : Souffrance en Terre Sainte

Une fois encore, la terre sainte est le théâtre d’une guerre sans merci entre
Israël et les Palestiniens. Dans ce conflit, nous avons à déplorer probablement une
douzaine d’otages français ou binationaux. Le devoir de notre paroisse est de prier pour
eux et de les confier aux prêtres martyrs qui furent eux-mêmes otages avant d’être tués
ici.
Notre devoir de chrétien est également de proposer une lecture spirituelle de
ces évènements. Les analyses politiques et stratégiques sont bien assez nombreuses
pour que nous y joignions la nôtre. Ce dont le monde a besoin c’est de comprendre ce
qui se joue en terre sainte depuis deux mille ans.
Sur cette terre, le Christ Jésus a donné le sens ultime de la souffrance humaine
et de la mort. La résurrection qui surgit le troisième jour est le fruit de cette
compréhension. On ne peut saisir la vie éternelle jaillissant du Christ vainqueur, si l’on
n’a pas perçu le sens de sa Passion.
Toute souffrance injuste peut ouvrir un chemin de rédemption. Elle est
l’occasion de manifester un amour surnaturel qui seul peut résoudre les situations les
plus inextricables ; ultimement la plus inextricable de toutes, la mort. Dans le présent
conflit, où la violence et la peur paralysent l’amour, les Chrétiens ont un message à
porter que nul ne peut annoncer, sinon eux : le Fils de Dieu a tout supporté par amour
pour nous et invite tous ceux qui souffrent à souffrir avec lui et en lui.
Il est désolant de constater que l’Église n’est absolument pas entendue sur ce
point. La presse se contente de relayer la condamnation morale de la guerre que le pape
ne manque pas d’exprimer à chaque conflit, mais rien ne passe dans l’opinion publique
de la dimension profondément spirituelle de ces évènements. Les gens n’ont pas besoin
d’entendre notre opinion, à quel bord nous nous situons, ils ont besoin que nous leur
parlions de Jésus et du sens qu’il donne à nos propres souffrances.
P. Stéphane Mayor