Très vite, la Compagnie de Jésus acquiert un vaste terrain, correspondant à l’emprise du massacre. En effet, parmi les dix victimes ecclésiastiques se trouvaient trois prêtres jésuites. L’église actuelle, édifiée en 1938, succède ainsi à plusieurs chapelles provisoires dédiées au Sacré Coeur (c’est-à-dire à la réparation de ces offenses par l’adoration des fidèles).

Si tous les otages emmenés rue Haxo ont été massacrés avec une même sauvagerie, l’Église ne qualifie de martyrs que ceux qui ont été tués en haine de la foi. Le traitement antérieur et la mort des dix ecclésiastiques ont manifesté explicitement cette haine de la part de leurs bourreaux. Le 22 avril 2023, cinq d’entre eux ont été reconnus officiellement martyrs : les bienheureux Henri Planchat (rsvp), Ladislas Radigue, Frézal Tardieu, Marcellin Rouchouze et Polycarpe Tuffier (ss.cc.).

En accueillant le martyre, les otages ont offert leur vie en sacrifice pour que cessent les combats et que la paix puisse advenir. Quoique massacrés, ils ont librement formulé la plus insigne des prières, celle où le sacrifie suprême rejoint le sacrifice du coeur et des lèvres. « Que notre sang soit assez pur pour procurer la paix à la France. » (père Polycarpe Tuffier)